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Trésorerie d'entreprise : CAT, SCPI, capitalisation… où placer vos excédents en 2026 ?

12 mai 2026Temps de lecture : 8 minutes
Hilbert Wealth Management -Trésorerie d'entreprise : CAT, SCPI, capitalisation… où placer vos excédents en 2026 ? | Hilbert

Votre entreprise dégage des bénéfices. Après avoir réglé charges, salaires et impôts, il reste de la trésorerie qui dort sur un compte courant à 0 %. C'est une situation que connaissent des milliers de dirigeants — et c'est un manque à gagner considérable. Bien placée, une trésorerie excédentaire peut générer entre 3 % et 7 % de rendement annuel selon l'horizon retenu, tout en restant disponible pour les besoins opérationnels de l'entreprise.

Mais placer la trésorerie d'une société n'obéit pas aux mêmes règles que l'épargne d'un particulier. Les enveloppes fiscales disponibles, les contraintes comptables et la fiscalité à l'IS imposent une approche structurée. Cet article vous présente les solutions disponibles en 2026, classées par horizon de placement, avec leurs avantages, leurs limites et les erreurs à éviter.


La première question à se poser : à quel horizon avez-vous besoin de cet argent ?

Avant de choisir un support de placement, une étape s'impose : cartographier précisément vos flux de trésorerie. Toute trésorerie n'est pas identique. Il y a la trésorerie de précaution — celle que vous devez pouvoir mobiliser à tout moment pour payer TVA, charges sociales, ou faire face à un imprévu — et la trésorerie excédentaire structurelle, qui ne sera pas utilisée dans l'immédiat et peut être investie sur un horizon plus long.

La règle d'or est simple : ne jamais placer sur un support illiquide de la trésorerie dont vous pourriez avoir besoin dans les 12 prochains mois. À partir de là, trois horizons de placement se dessinent, avec des solutions adaptées à chacun.

HorizonObjectif prioritaireSolutions adaptéesRendement indicatif 2026
Court terme < 12 moisLiquidité totaleCompte à terme, fonds monétaires3 % – 3,8 %
Moyen terme 1 à 4 ansRendement + sécuritéObligations, SCPI usufruit, fonds datés4 % – 6 %
Long terme > 4 ansPerformance & optimisation ISContrat de capitalisation, compte-titres, SCPI5 % – 8 %
Solutions et rendements

Hilbert Author

Le conseil d'Hilbert

"Une bonne politique de placement de trésorerie commence par une prévision glissante sur 12 à 18 mois. Identifiez vos charges prévisibles (IS, cotisations, remboursements d'emprunt, investissements planifiés) pour déterminer avec précision le montant réellement excédentaire et donc investissable sur le moyen ou long terme. En pratique, nous conseillons de conserver 3 à 6 mois de charges fixes en trésorerie courante avant d'envisager tout placement."


Court terme : sécuriser la trésorerie de précaution

Pour la poche de trésorerie que vous devez garder disponible à tout moment, deux solutions font référence en 2026.

Le compte à terme (CAT) : la référence pour le court terme

Le compte à terme est le placement incontournable pour les excédents à horizon 3 à 12 mois. Son fonctionnement est simple : vous immobilisez une somme sur une durée définie en échange d'un taux garanti connu à l'avance. Le capital est protégé par la garantie de l'État jusqu'à 100 000 € par établissement (FGDR).

En 2026, les rendements des comptes à terme pour les personnes morales se situent entre 3 % et 3,8 % selon la durée d'immobilisation et l'établissement, dans un contexte de normalisation progressive des taux directeurs de la BCE. Un retrait avant l'échéance est possible moyennant une réduction du taux servi, ce qui le rend plus souple qu'il n'y paraît.

Attention au plafond de garantie : si votre entreprise dispose de plus de 100 000 € à placer en court terme, diversifiez entre plusieurs établissements pour ne pas dépasser le seuil de garantie par banque.

Les fonds monétaires en compte-titres : la liquidité quotidienne

Pour la trésorerie tampon — celle que vous pouvez avoir besoin de mobiliser sous 48h — les fonds monétaires logés dans un compte-titres société offrent une disponibilité quotidienne avec un rendement proche de l'Eonia (taux au jour le jour de la BCE). Ils ne garantissent pas formellement le capital mais présentent un risque quasi nul en pratique.

Leur principal avantage sur le compte à terme : une liquidité totale, sans pénalité de retrait anticipé. Leur inconvénient : un rendement légèrement inférieur et une imposition immédiate des gains à l'IS (25 % pour les bénéfices supérieurs à 42 500 €).


Moyen terme : dynamiser la trésorerie sans sacrifier la sécurité

Pour la trésorerie que vous n'utiliserez pas avant 1 à 4 ans, des solutions plus rémunératrices deviennent accessibles, tout en maintenant un niveau de risque maîtrisé.

L'usufruit temporaire de parts de SCPI : le placement phare des dirigeants

C'est probablement la solution la plus efficace fiscalement pour les entreprises soumises à l'IS sur un horizon 3 à 7 ans. Le mécanisme : votre société achète l'usufruit temporaire de parts de SCPI — c'est-à-dire le droit de percevoir les revenus sur une durée définie — à prix décoté (généralement 20 à 30 % sous la valeur en pleine propriété selon la durée).

L'avantage fiscal est double. D'abord, le coût d'acquisition de l'usufruit est amortissable comptablement sur la durée de l'usufruit, ce qui réduit le résultat imposable de l'entreprise chaque année. Ensuite, les revenus locatifs perçus viennent compenser cet amortissement.

Exemple chiffré : une société achète l'usufruit temporaire de 5 ans de parts de SCPI pour 100 000 €. Elle amortit 20 000 € par an, soit une économie d'IS de 5 000 € par an (au taux de 25 %), soit 25 000 € sur 5 ans. En parallèle, elle perçoit les revenus locatifs distribués par la SCPI (rendement moyen des SCPI : 4,72 % en 2024 selon l'ASPIM). Au terme des 5 ans, l'usufruit s'éteint — la société ne récupère rien sur le capital, mais a encaissé revenus + économie fiscale.

Hilbert Author

Le conseil d'Hilbert

"L'usufruit temporaire de SCPI est particulièrement adapté aux entreprises qui anticipent une baisse de résultat dans les années à venir, ou qui souhaitent lisser leur IS sur plusieurs exercices. En revanche, ce placement ne convient pas à la trésorerie de précaution : la liquidité est limitée, et la revente des parts d'usufruit avant terme peut s'avérer complexe. Réservez ce support à des fonds dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin pendant la durée de l'usufruit."


Les fonds datés et obligations : rendement prévisible à échéance définie

Les fonds obligataires à échéance (ou fonds datés) constituent une alternative intéressante pour les entreprises qui cherchent un rendement cible sur une durée précise, sans s'exposer aux fluctuations des marchés actions. Ces fonds investissent dans un portefeuille d'obligations qui arrivent toutes à maturité à une date proche de celle du fonds, offrant ainsi une visibilité sur le rendement final.

En 2026, des fonds datés de qualité Investment Grade affichent des rendements actuariels de l'ordre de 4 % à 5,5 % selon la maturité et le niveau de risque crédit retenu. Les intérêts perçus sont imposés à l'IS de l'exercice. Ces supports sont logés dans un compte-titres société.


Long terme : optimiser la fiscalité sur la durée

Pour les excédents durables — ceux que vous n'envisagez pas d'utiliser avant 4 à 5 ans minimum — deux enveloppes permettent une optimisation fiscale significative : le contrat de capitalisation et le compte-titres société.

Le contrat de capitalisation personne morale : l'enveloppe fiscalement optimale

Le contrat de capitalisation est souvent présenté comme l'équivalent de l'assurance vie pour les personnes morales. C'est une enveloppe multi-supports dans laquelle votre société peut loger des fonds euros (capital garanti), des unités de compte (SCPI, OPCVM, ETF, obligations, produits structurés) et piloter librement ses arbitrages sans frottement fiscal immédiat.

Son principal atout : le report d'imposition. Contrairement au compte-titres, les gains réalisés à l'intérieur du contrat ne sont pas imposés chaque année à l'IS. L'entreprise ne paie qu'une assiette forfaitaire annuelle calculée sur 105 % du Taux Mensuel des Emprunts d'État (TME) en vigueur à la souscription — une assiette généralement bien inférieure aux gains réels, qui constitue une avance sur la fiscalité future. La régularisation intervient au moment du rachat ou de la clôture du contrat.

Cette mécanique de capitalisation différée permet à l'entreprise de faire travailler ses gains sans fuite fiscale annuelle, ce qui améliore sensiblement le rendement net à long terme par rapport à un compte-titres classique.

CritèreCompte-titres sociétéContrat de capitalisation
Sociétés éligiblesToutes (IS)Associations, fondations, holdings patrimoniales (pas les sociétés commerciales sauf exceptions)
Fiscalité annuelleIS sur gains réalisés chaque annéeForfait annuel 105% TME (faible)
Arbitrages internesImposition à chaque arbitrageSans imposition intermédiaire
Supports disponiblesActions, ETF, SCPI, obligations...Fonds euros + UC (SCPI, ETF, produits structurés...)
Garantie capitalNonOui sur fonds euros
LiquiditéTotaleBonne (pénalité fonds euros < 4 ans)
Le contrat de capitalisation

Point d'attention important : le contrat de capitalisation n'est pas accessible à toutes les personnes morales. Les sociétés commerciales, industrielles et artisanales (SAS, SARL opérationnelles...) en sont généralement exclues. En revanche, les holdings patrimoniales, associations et fondations y ont pleinement accès. Si votre structure opérationnelle n'est pas éligible, la création d'une holding peut ouvrir cet accès — une décision à évaluer globalement avec votre conseiller.

Hilbert Author

Le conseil d'Hilbert

"Chez Hilbert, nous observons que beaucoup de dirigeants méconnaissent les règles d'éligibilité au contrat de capitalisation et passent à côté de cet avantage fiscal. Avant d'orienter une trésorerie long terme vers un compte-titres par défaut, vérifiez systématiquement si votre structure y est éligible — ou si une restructuration simple le permettrait. L'économie fiscale sur 5 à 10 ans peut être très significative."


Le compte-titres société : la flexibilité au prix de la fiscalité immédiate

Pour les sociétés qui ne peuvent ou ne souhaitent pas recourir au contrat de capitalisation, le compte-titres ordinaire (CTO) reste la solution universelle. Il offre un univers d'investissement très large — actions françaises et étrangères, ETF, obligations, SCPI, produits structurés — avec une totale liberté de gestion.

Sa contrainte principale : les gains sont imposés à l'IS chaque année, au taux de 25 % pour les bénéfices supérieurs à 42 500 € (taux réduit de 15 % en dessous pour les PME éligibles). Les dividendes encaissés, les intérêts et les plus-values de cession viennent s'ajouter au résultat imposable de l'exercice. Cette imposition annuelle réduit l'effet de capitalisation par rapport au contrat de capitalisation sur longue période.

Il reste cependant pertinent pour les entreprises souhaitant accéder à l'ensemble des classes d'actifs — notamment les actions cotées et les ETF — avec une grande souplesse opérationnelle.

Les produits structurés : rendement ciblé avec protection du capital

Les produits structurés permettent d'accéder à des rendements définis à l'avance (généralement entre 5 % et 9 % par an) assortis d'une protection partielle ou totale du capital, sous conditions de scénario de marché. Ils sont logés en compte-titres ou dans un contrat de capitalisation selon l'éligibilité de la société.

Ces solutions conviennent particulièrement aux dirigeants qui souhaitent une visibilité sur le rendement tout en limitant l'exposition à la volatilité des marchés. Leur durée de vie est généralement de 2 à 8 ans. Le risque principal est celui de la contrepartie (solidité de l'émetteur) et l'illiquidité pendant la durée du produit.


Les erreurs classiques à éviter

Placer la trésorerie d'une entreprise comporte des pièges récurrents que nos conseillers observent fréquemment.

  • Tout laisser sur le compte courant : le compte courant professionnel n'est pas rémunéré. Même une inflation modérée de 2 % représente une perte de pouvoir d'achat réelle sur la trésorerie oisive.
  • Confondre trésorerie de précaution et trésorerie excédentaire : placer la totalité de la trésorerie sur un support illiquide expose l'entreprise à devoir vendre en urgence — parfois à perte — pour faire face à un besoin imprévu.
  • Négliger le plafond FGDR : au-delà de 100 000 € par établissement, les dépôts ne sont plus garantis en cas de défaillance bancaire. Pour les dépôts importants, diversifier entre plusieurs banques est indispensable.
  • Choisir un contrat de capitalisation avec des frais élevés : les frais de gestion annuels et les frais d'entrée peuvent fortement éroder la performance nette. Sur 10 ans, 1 % de frais supplémentaire représente un écart de rendement cumulé très significatif.
  • Ignorer les contraintes d'éligibilité : s'orienter vers un contrat de capitalisation sans vérifier l'éligibilité juridique de la société peut conduire à des complications contractuelles.
  • Ne pas aligner horizon de placement et besoin de liquidité : acheter de l'usufruit de SCPI sur 7 ans avec une trésorerie dont l'entreprise aura besoin dans 2 ans est une erreur de gestion potentiellement coûteuse.

Conclusion : une trésorerie bien placée, c'est un levier de performance pour l'entreprise

Placer la trésorerie excédentaire de son entreprise n'est ni complexe ni réservé aux grands groupes. C'est une décision de gestion à part entière, qui mérite la même rigueur que n'importe quel investissement stratégique. La clé est de partir d'une cartographie honnête de vos besoins de liquidité, puis d'aligner chaque support sur l'horizon correspondant.

En 2026, le contexte de taux reste favorable aux placements de court terme, tandis que les solutions moyen et long terme — usufruit de SCPI, contrat de capitalisation, produits structurés — offrent des rendements attractifs pour les entreprises qui peuvent immobiliser leurs fonds sur quelques années.

Ce qu'il faut retenir :

  • Cartographiez d'abord vos flux pour identifier la trésorerie réellement excédentaire.
  • Court terme : compte à terme (3–3,8 %) ou fonds monétaires pour la disponibilité immédiate.
  • Moyen terme : usufruit temporaire de SCPI (fiscalité + rendement) ou fonds datés.
  • Long terme : contrat de capitalisation (report IS) pour les structures éligibles, compte-titres pour les autres.
  • Diversifiez entre établissements et supports pour ne jamais dépasser le plafond FGDR et limiter le risque de concentration.


*Cet article a été rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les rendements mentionnés sont indicatifs et non garantis. Pour toute décision de placement, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.*

La FAQ du jour

En principe, non. Les sociétés commerciales (SAS, SARL, SA...) à activité opérationnelle sont exclues du contrat de capitalisation. En revanche, si votre SAS détient elle-même une holding patrimoniale soumise à l'IS, cette dernière peut y souscrire. La création d'une holding peut donc être une solution pour accéder à cette enveloppe fiscalement avantageuse, à évaluer globalement selon votre situation.
Le compte à terme immobilise les fonds sur une durée définie en échange d'un taux garanti et d'une garantie totale du capital (FGDR). Les fonds monétaires sont disponibles quotidiennement mais ne garantissent pas formellement le capital (risque quasi nul en pratique). Pour la trésorerie de précaution à mobiliser sous 48h, les fonds monétaires sont préférables. Pour une trésorerie dont vous n'aurez pas besoin avant 3 à 12 mois, le compte à terme offre un rendement légèrement supérieur.
Non. Ce placement convient aux entreprises dégageant un résultat imposable régulier (pour profiter de l'amortissement fiscal), disposant d'une trésorerie stable sur la durée choisie (3 à 7 ans), et n'ayant pas besoin de récupérer le capital investi avant terme. Il ne convient pas à la trésorerie de précaution, ni aux entreprises en déficit ou en phase d'investissement intense.
La diversification est recommandée dès que la trésorerie excédentaire est significative. Une approche classique consiste à segmenter en trois poches : une poche courte terme (compte à terme ou fonds monétaires) pour la liquidité immédiate, une poche moyen terme (usufruit SCPI, fonds datés) pour le rendement régulier, et une poche long terme (contrat de capitalisation ou compte-titres) pour la performance de fond de portefeuille. Les proportions dépendent de votre horizon, de vos projets et de votre tolérance au risque.

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