
Le projet de loi de finances 2026 marque un tournant dans l’approche fiscale française. Après plusieurs semaines de débats parlementaires et l’utilisation de l’article 49.3, les grandes lignes se dessinent : hausse de la flat-tax à 31,4 %, nouvelle taxation des holdings patrimoniales, alourdissement des cotisations des indépendants en micro-BNC.
Plus qu’une simple hausse d’impôts, c’est une évolution structurelle qui s’opère, où la fonction économique du capital devient aussi importante que le revenu lui-même. Pour les entrepreneurs et les particuliers, ces changements nécessitent une réflexion patrimoniale approfondie et, surtout, une stratégie d’optimisation adaptée.
Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) évolue de 30 % à 31,4 %, suite à une hausse de la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital. Cette augmentation, votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, concerne une part importante des revenus de placement.
La hausse s’applique principalement aux revenus suivants :
En revanche, certains placements conservent le taux de 30 % :
Comparatif des principaux taux :
L’article 3 du PLF 2026 introduit une nouvelle taxe sur les actifs non affectés à une activité opérationnelle des holdings patrimoniales. Contrairement à la version initiale du texte, l’assiette a été recentrée sur les biens dits « somptuaires ».
Une holding est concernée si elle remplit cumulativement les conditions suivantes :
Sont notamment visés :
Sont exclus : la trésorerie d’exploitation, les participations opérationnelles et les biens affectés à une activité économique réelle.
Le taux a été fixé à 20 % de la valeur des actifs somptuaires, contre 2 % dans la version initiale. L’objectif est clairement dissuasif, davantage orienté vers la lutte contre certains montages que vers le rendement fiscal.
Les micro-entrepreneurs en profession libérale non réglementée voient leurs cotisations sociales continuer d’augmenter. Après 21,1 % en 2024 et 24,6 % en 2025, le taux atteint 25,6 % en 2026.
L’objectif est d’harmoniser les droits sociaux. Jusqu’en 2018, les micro-BNC ne cotisaient pas à la retraite complémentaire. La hausse progressive permet désormais de financer ces droits, en alignant leur protection sociale sur celle des autres indépendants.
Ne sont pas concernés : les commerçants, artisans et professions libérales réglementées relevant de la CIPAV.
Pour un chiffre d’affaires annuel de 50 000 € :
Soit une hausse de 500 € entre 2025 et 2026, et de 2 250 € depuis 2024.
Le PLF 2026 illustre une évolution profonde de la fiscalité française. L’analyse ne se limite plus au revenu, mais intègre la structure patrimoniale et la fonction économique du capital.
Cette tendance se manifeste notamment par :
Les stratégies purement fiscales, sans justification économique réelle, deviennent risquées. À l’inverse, les structurations fondées sur une logique économique solide demeurent pertinentes et sécurisées.
Conseil d’expert Adoptez une approche patrimoniale globale et durable. Privilégiez la substance, diversifiez vos enveloppes fiscales, anticipez la transmission et révisez régulièrement votre stratégie.
Le PLF 2026 confirme une tendance de fond : la fiscalité française devient plus exigeante et plus structurante. Pour les entrepreneurs et les particuliers patrimonialisés, ces évolutions ne sont pas une fatalité mais une invitation à repenser leur organisation patrimoniale.
Hausse de la flat-tax, taxation ciblée des holdings et augmentation des cotisations sociales appellent à l’anticipation, à la structuration et à l’accompagnement. Un audit patrimonial permet d’identifier les impacts concrets, de sécuriser les choix et de préparer l’avenir sereinement.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les règles fiscales étant susceptibles d’évoluer, toute décision patrimoniale doit être prise avec l’accompagnement d’un professionnel.



