
Mis à jour le 23 septembre 2026.
En France, votre retraite se compose de la pension de base et de la retraite complémentaire obligatoire (Agirc-Arrco pour les salariés du privé). Mais ce système sous tension voit son taux de remplacement baisser structurellement : un cadre ne touchera plus que 50 à 60 % de son dernier salaire. Face à un déficit de 5,1 milliards d'euros en 2025 et à une démographie défavorable, se constituer une retraite complémentaire par l'épargne (PER, assurance-vie, immobilier) n'est plus une option mais une nécessité. Plus on anticipe, plus l'effort est indolore.
Il existe une confusion fréquente autour de l'expression retraite complémentaire. Pour beaucoup, elle désigne le régime obligatoire Agirc-Arrco qui s'ajoute à la pension de base. Pour d'autres, elle évoque l'épargne que l'on constitue soi-même pour compléter ses futures pensions. Les deux sens coexistent, et c'est justement leur articulation qui détermine votre niveau de vie futur.
Cet article clarifie d'abord comment fonctionne le système obligatoire, puis démontre, chiffres officiels à l'appui, pourquoi il ne suffira plus à maintenir votre niveau de vie. Enfin, il présente les solutions concrètes pour construire votre propre complément de retraite, que vous soyez salarié, indépendant ou dirigeant.
Le système français repose sur trois étages, dont les deux premiers sont obligatoires et fonctionnent par répartition (les cotisations des actifs paient les pensions des retraités actuels).
| Étage | Description |
|---|---|
| 1. Retraite de base | Régime général (CNAV) pour les salariés, calculée sur les 25 meilleures années dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Revalorisée de +0,9 % au 1er janvier 2026 |
| 2. Retraite complémentaire obligatoire | Agirc-Arrco pour les salariés du privé, fonctionnant par points. Elle représente environ 30 % de la pension d'un non-cadre et jusqu'à 60 % de celle d'un cadre |
| 3. Retraite supplémentaire (facultative) | L'épargne que vous constituez vous-même : PER, assurance-vie, immobilier locatif. C'est le seul étage sur lequel vous avez la main |
Les deux premiers étages sont subis : vous cotisez, l'État et les caisses déterminent votre pension. Le troisième étage est le seul que vous maîtrisez, et c'est précisément celui qui fera la différence dans un système obligatoire de plus en plus contraint.
Ce n'est pas une opinion, ce sont les projections officielles du Conseil d'orientation des retraites (COR). Trois dynamiques convergent pour réduire mécaniquement votre future pension par rapport à votre dernier salaire.
Le taux de remplacement, c'est le rapport entre votre première pension et votre dernier salaire. En 2026, il oscille entre 50 et 75 % selon les profils. Mais le rapport du COR de juin 2026 est sans ambiguïté : ce taux est appelé à diminuer progressivement au fil des générations. Un salarié au SMIC conserve environ 75 % de son revenu, mais un cadre supérieur tombe déjà à 50-60 %, et cette proportion continuera de baisser.
| Profil | Taux de remplacement | Perte de revenu |
|---|---|---|
| Salarié au SMIC | ~75 % | Modérée |
| Salarié revenu moyen | ~65 % | Sensible |
| Cadre supérieur | 50-60 % | Forte (chute brutale) |
| Indépendant / TNS | Souvent < 50 % | Très forte |
Concrètement, un cadre gagnant 6 000 € net par mois en fin de carrière pourrait ne percevoir qu'environ 3 300 € de pension, soit une chute de près de moitié de son niveau de vie du jour au lendemain.
Le système de retraite français est en déficit structurel. Selon le COR, le solde est passé de -1,7 milliard d'euros en 2024 à -5,1 milliards d'euros en 2025, soit un triplement en un an. Les dépenses de retraite atteignent 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB. Pour combler ce déséquilibre, l'Agirc-Arrco a déjà réduit le rendement de son point, ce qui diminue directement les pensions complémentaires futures.
C'est la cause profonde. En 1970, on comptait 3,1 actifs cotisant pour un retraité. En 2026, ce ratio est tombé à 1,7. Dans les années 2030, il passera sous la barre de 1,5. Moins d'actifs pour financer plus de retraités : l'équation mathématique du système par répartition se dégrade inexorablement, indépendamment des réformes successives.
Si la question se pose pour les salariés, elle est encore plus aiguë pour les travailleurs non-salariés (TNS) et les dirigeants, dont la couverture obligatoire est souvent plus faible.
Pour un dirigeant, la question de la retraite se joue en réalité très tôt, dès l'arbitrage entre salaire et dividendes. Se verser uniquement des dividendes optimise la fiscalité immédiate mais sacrifie les droits à la retraite. C'est un équilibre que nous aidons à calibrer.
Face à ce constat, la bonne nouvelle est qu'il existe des solutions éprouvées pour se constituer un complément de retraite. Chacune a sa logique, et la meilleure stratégie combine généralement plusieurs enveloppes.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est le produit spécifiquement conçu pour la retraite. Son atout majeur : les versements sont déductibles de votre revenu imposable, ce qui génère une économie d'impôt immédiate proportionnelle à votre tranche marginale. Plus vous êtes fortement imposé, plus le PER est efficace, ce qui en fait un outil particulièrement adapté aux cadres, TNS et dirigeants. En contrepartie, les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (dont l'achat de la résidence principale).
L'assurance-vie est le complément idéal du PER. Contrairement à ce dernier, elle n'offre pas de déduction à l'entrée, mais elle conserve une liquidité totale : vous pouvez récupérer votre épargne à tout moment. Après 8 ans, sa fiscalité devient très avantageuse. C'est l'enveloppe de la flexibilité, pour ceux qui veulent préparer leur retraite sans bloquer leur capital.
L'investissement immobilier, notamment via les SCPI, permet de générer des revenus complémentaires réguliers à la retraite. Les SCPI offrent l'avantage de l'immobilier (revenus locatifs, valeur tangible) sans les contraintes de gestion, avec un rendement moyen autour de 4,9 % en 2025. C'est une brique de diversification précieuse dans une stratégie retraite.
Pour les patrimoines significatifs, l'assurance-vie luxembourgeoise ajoute une sécurité juridique renforcée et une portabilité internationale, particulièrement adaptée aux dirigeants et aux profils mobiles.
| Solution | Atout principal | Liquidité | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| PER | Déduction fiscale à l'entrée | Bloqué jusqu'à la retraite | Cadres, TNS, dirigeants fortement imposés |
| Assurance-vie | Souplesse et fiscalité après 8 ans | Totale | Tous profils |
| SCPI | Revenus réguliers, immobilier délégué | Modérée | Recherche de revenus complémentaires |
| AV luxembourgeoise | Sécurité juridique, portabilité | Totale | Patrimoines importants, expatriés |
C'est le facteur le plus sous-estimé. Grâce aux intérêts composés, chaque année gagnée démultiplie le résultat final. Un même effort d'épargne mensuel produit un capital radicalement différent selon l'âge de départ.
Prenons deux profils qui épargnent chacun 300 € par mois pour leur retraite, avec un rendement annuel moyen hypothétique de 4 %.
Profil A commence à 35 ans : sur 32 ans jusqu'à la retraite à 67 ans, il aura versé 115 200 € et constitué un capital d'environ 230 000 € grâce aux intérêts composés.
Profil B commence à 50 ans : sur 17 ans, il aura versé 61 200 € et constitué un capital d'environ 85 000 €.
À effort mensuel identique, le profil qui a commencé 15 ans plus tôt dispose d'un capital près de trois fois supérieur. Ce n'est pas une question de montant épargné, c'est une question de temps laissé aux intérêts pour produire leurs effets.
La leçon : le meilleur moment pour commencer à préparer sa retraite, c'était il y a dix ans. Le deuxième meilleur moment, c'est aujourd'hui. [Ceci est un exemple pédagogique — rendement hypothétique, non garanti]
Il n'existe pas de solution unique : la bonne stratégie dépend de votre âge, de vos revenus, de votre statut et de vos objectifs. Voici la méthode que nous appliquons chez Hilbert Wealth Management.
Un bilan patrimonial personnalisé est le point de départ de toute stratégie retraite efficace. Il permet de chiffrer précisément votre situation et de construire un plan sur mesure.
Hilbert Wealth Management est enregistré à l'ORIAS sous le n° 24001240, en qualité de Conseiller en Investissements Financiers. Nous accompagnons particuliers, indépendants et dirigeants dans la préparation de leur retraite. Vérifier notre enregistrement ORIAS — Prendre rendez-vous.
Sources : COR — rapport juin 2026·DREES·service-public.fr·ORIAS
Cet article est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les rendements mentionnés sont hypothétiques et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Signé Amandine Frapier, Présidente associée et CGP, Hilbert Wealth Management, ORIAS n° 24001240.



