
En bref : le private equity (ou capital-investissement) consiste à investir dans des entreprises non cotées en bourse, pour financer leur création, leur croissance ou leur transmission. Sur 10 ans, les fonds français ont délivré un TRI net moyen de 12,4 % par an (France Invest/EY à fin 2024), contre 8,9 % pour le CAC 40. Longtemps réservé aux institutionnels avec des tickets de 100 000 €, il se démocratise via l'assurance-vie et le PEA-PME dès quelques milliers d'euros. En contrepartie : une illiquidité de 8 à 10 ans, un risque de perte en capital, et une dispersion de performance considérable qui rend la sélection du fonds déterminante.
Le private equity est devenu en quelques années le sujet d'investissement le plus commenté de la gestion de patrimoine. Porté par des performances historiques supérieures aux marchés cotés et par une vague réglementaire qui l'impose désormais dans certains contrats d'assurance-vie, il attire un public de plus en plus large. Mais derrière l'engouement se cache une classe d'actifs complexe, illiquide, et à la performance très inégale selon les fonds.
Ce guide vous explique ce qu'est réellement le private equity, comment il fonctionne, quels rendements en attendre, comment y accéder en 2026, et surtout comment éviter les pièges d'une démocratisation parfois mal maîtrisée.
Le private equity, traduit en français par capital-investissement, désigne l'ensemble des investissements réalisés dans des entreprises non cotées en bourse. Là où un investisseur en actions classiques achète des titres d'entreprises cotées (Air Liquide, LVMH, TotalEnergies), l'investisseur en private equity finance des sociétés privées, généralement via des fonds spécialisés.
L'objectif est d'accompagner ces entreprises dans leur développement, de créer de la valeur sur plusieurs années, puis de revendre la participation avec une plus-value. C'est un investissement de long terme, par nature illiquide, qui finance l'économie réelle.
| Segment | Ce qu'il finance | Profil de risque |
|---|---|---|
| Venture capital (capital-risque) | Startups en création ou en amorçage, souvent technologiques. Logique de Pareto : 2-3 participations sur 10 font l'essentiel du rendement | Élevé |
| Growth (capital-développement) | Entreprises matures, déjà rentables, qui ont besoin de capital pour accélérer leur croissance | Modéré à élevé |
| LBO (capital-transmission) | Rachat d'entreprises établies avec effet de levier, souvent lors d'une transmission. Le segment le plus important en volume | Modéré |
| Dette privée | Prêts directs à des entreprises non cotées, en complément ou substitution du crédit bancaire | Modéré |
Chaque segment a son couple rendement-risque. Le venture capital offre le potentiel le plus élevé mais avec le plus de pertes. Le LBO, plus stable, constitue le cœur du marché. La dette privée, plus récente pour les particuliers, offre un profil plus défensif avec des revenus réguliers.
Le venture capital est en réalité un sous-ensemble du private equity, dédié aux jeunes entreprises innovantes. Quand on parle de private equity au sens strict dans le langage professionnel, on désigne souvent le capital-transmission (LBO) et le capital-développement, c'est-à-dire l'investissement dans des sociétés déjà établies et rentables. Le venture capital finance le pari sur l'avenir, le private equity classique finance la consolidation d'entreprises existantes.
C'est l'argument qui attire le plus les investisseurs, et il repose sur des données réelles, mais qui doivent être lues avec nuance.
Selon l'étude annuelle France Invest/EY, le capital-investissement français affiche un TRI (taux de rendement interne) net de 12,4 % par an sur 10 ans, à fin décembre 2024. Sur la même période, le CAC 40 dividendes réinvestis a délivré 8,9 % par an. La surperformance ressort donc à environ 3,5 points par an, ce qui, capitalisé sur une décennie, change significativement la trajectoire d'un patrimoine.
Sur très longue période, depuis la fin des années 1980, le private equity français a délivré un TRI net d'environ 11,3 % par an. C'est l'une des classes d'actifs les plus performantes accessibles aux investisseurs, historiquement.
Le chiffre à retenir avant tout : derrière la moyenne de 12,4 %, la dispersion est massive. Les fonds du premier quartile affichent un TRI de 23,5 %, tandis que le dernier quart tombe sous 4,2 %. Autrement dit, le même marché peut vous rapporter 23 % ou moins de 4 % selon le fonds choisi et le millésime. C'est cette dispersion qui fait de la sélection le facteur décisif.
Cette dispersion s'explique par plusieurs facteurs : la qualité de l'équipe de gestion, l'accès aux meilleures opportunités (les fonds les plus réputés attirent les meilleures cibles), le millésime (l'année de lancement du fonds détermine l'environnement économique), et le segment. Les fonds de venture lancés en 2015 ont délivré près de 27 % de TRI, ceux lancés entre 2020 et 2022 affichent moins de 5 %.
Le private equity est une classe d'actifs à frais élevés. C'est justifié par le travail de sélection, d'accompagnement et de sortie des participations, mais l'empilement des frais peut sérieusement éroder la performance nette, surtout quand on accède au PE via des enveloppes grand public.
| Type de frais | Ordre de grandeur constaté |
|---|---|
| Droits d'entrée | Jusqu'à 3,97 % sur certains contrats d'assurance-vie grand public |
| Frais de gestion annuels | Jusqu'à 2,60 % par an sur les unités de compte private equity |
| Carried interest (intéressement du gérant) | Généralement 20 % de la performance au-delà d'un seuil (hurdle rate) |
| Total récurrent constaté | Jusqu'à 3,34 % par an tous frais confondus |
L'impact est concret : sur 10 ans, cet empilement peut transformer un rendement brut de 8 % en un rendement net porteur de 4 à 5 %. C'est pourquoi la structure de frais est un critère de sélection aussi important que la performance affichée. Un fonds excellent avec des frais excessifs peut délivrer moins qu'un bon fonds aux frais maîtrisés.
C'est ici que la période récente a tout changé. Historiquement réservé aux institutionnels et aux très grandes fortunes, le private equity s'est largement démocratisé sous l'effet de deux évolutions réglementaires majeures.
La loi Industrie Verte (loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023) a posé, depuis le 24 octobre 2024, le principe d'une part minimale d'actifs non cotés dans la gestion pilotée des contrats d'assurance-vie et de PER. Les quotas visés sont d'environ 4 % en profil équilibré, 8 % en profil dynamique, et jusqu'à 15 % dans un PER à horizon long. Un calendrier de montée en charge progressive a toutefois été prévu pour laisser aux acteurs le temps de construire une offre solide, avec une application intégrale des quotas au 31 décembre 2026.
Le règlement européen ELTIF 2.0 (règlement UE 2023/606), en vigueur depuis le 10 janvier 2024, a assoupli les conditions d'accès aux fonds européens d'investissement de long terme, facilitant leur distribution auprès des particuliers. Ces deux dispositifs ont fait chuter les tickets d'entrée : là où un FPCI direct exigeait 100 000 €, l'accès via l'assurance-vie est désormais possible dès quelques milliers d'euros.
| Véhicule | Ticket d'entrée | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Assurance-vie (unités de compte PE) | Dès quelques milliers € | Accès mutualisé, sélection par l'assureur, fiscalité AV. Attention aux frais empilés |
| PEA-PME | Dès 1 000 € | Exonération d'IR après 5 ans, univers limité aux PME-ETI éligibles |
| FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) | 100 000 € typique | Accès direct réservé aux investisseurs avertis, sélection du millésime, moins de frais intermédiaires |
| Fonds evergreen | Variable | Capital permanent, liquidité par fenêtres trimestrielles (non garantie), représentant près des trois quarts de la collecte particuliers |
| Détention via holding / contrat de capitalisation | Selon structure | Pour dirigeants et personnes morales, notamment dans le cadre du réemploi 150-0 B ter |
Pour un investisseur particulier, l'accès via un contrat d'assurance-vie luxembourgeoise permet souvent d'accéder à un univers de fonds de private equity plus large et de meilleure qualité que les contrats français grand public, avec une structuration sur mesure. Pour un dirigeant, le PE est aussi un actif éligible au réemploi de l'apport-cession 150-0 B ter.
La fiscalité dépend entièrement de l'enveloppe de détention, ce qui en fait un levier d'optimisation majeur.
Pour un dirigeant qui structure son patrimoine, l'articulation du private equity avec une holding patrimoniale ouvre des possibilités d'optimisation spécifiques, notamment dans le cadre d'un réemploi post-cession.
Un fonds de private equity classique a un horizon de 8 à 10 ans, avec une durée de portage moyenne de chaque participation de 4 à 7 ans. Pendant cette période, votre capital est bloqué. Même les fonds evergreen, qui offrent une liquidité par fenêtres trimestrielles, ne la garantissent pas : en cas de demandes de rachat simultanées, des plafonds s'activent et la sortie est échelonnée. Le private equity ne doit jamais être financé avec de l'argent dont vous pourriez avoir besoin.
Le capital n'est pas garanti. Certaines participations échouent, certains fonds sous-performent durablement. La diversification entre plusieurs fonds, millésimes et segments est essentielle pour lisser ce risque, ce qui suppose un capital suffisant pour se diversifier réellement.
Contrairement aux actions cotées valorisées quotidiennement par le marché, les participations non cotées sont valorisées par des expertises internes, moins transparentes. En cas de retournement économique, ces valorisations peuvent s'ajuster brutalement, surprenant les investisseurs peu familiers de la classe d'actifs.
L'Autorité des marchés financiers a publié une étude mettant en évidence des performances souvent décevantes pour les investisseurs particuliers non avertis, notamment du fait des frais et d'une sélection insuffisante. La démocratisation du private equity est une opportunité, mais elle ne dispense pas d'un accompagnement expert.
La question n'est pas seulement d'investir en private equity, mais de savoir quelle proportion de son patrimoine y consacrer. Les family offices européens, investisseurs les plus sophistiqués, y allouent en général entre 5 et 15 % de leur patrimoine financier selon le rapport UBS Family Office.
| Profil | Allocation indicative | Horizon |
|---|---|---|
| Prudent, horizon < 8 ans | 0 à 5 % | Insuffisant pour le PE, prudence |
| Équilibré, horizon 10 ans | 5 à 10 % | Poche mesurée, diversifiée |
| Dynamique, patrimoine > 3 M€, horizon 12 ans+ | 10 à 15 % | Allocation family office |
La règle de bon sens qui ressort : limiter le private equity à 5 à 10 % du patrimoine financier pour un investisseur particulier, tout en conservant une réserve de sécurité liquide équivalente à 3 à 6 mois de dépenses. Cette discipline permet de capter le potentiel de surperformance sans compromettre sa capacité à faire face aux aléas.
Le private equity peut apporter une réelle surperformance et une diversification précieuse, à condition d'être abordé avec méthode : bonne proportion dans le patrimoine, sélection rigoureuse des fonds, structure de détention fiscalement optimisée, et discipline de liquidité. C'est précisément le travail d'un conseil en gestion de patrimoine indépendant.
Chez Hilbert Wealth Management, nous accompagnons l'accès au private equity dans le cadre d'une stratégie patrimoniale globale, jamais comme un produit isolé. Un premier échange permet d'évaluer si cette classe d'actifs a sa place dans votre situation, et sous quelle forme.
Hilbert Wealth Management est enregistré à l'ORIAS sous le n° 24001240, en qualité de Conseiller en Investissements Financiers. Nous accompagnons l'accès au private equity dans le cadre d'une stratégie patrimoniale sur mesure.
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Sources : France Invest : performances du capital-investissement · AMF · Loi Industrie Verte (Légifrance) · ORIAS
Cet article est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Le private equity comporte un risque de perte en capital et une forte illiquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Signé Amandine Frapier, Présidente associée et CGP, Hilbert Wealth Management, ORIAS n° 24001240.



